À l’approche de la rentrée scolaire 2023-2024, l’inquiétude grandit parmi les enseignants au Bénin. La Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin (Cosi-Bénin) sonne l’alarme, exprimant des préoccupations majeures concernant le paiement des primes et le processus de reversement des Aspirants au métier d’enseignant (Ame). Noël Chadaré, Secrétaire général de Cosi-Bénin, a récemment accordé un entretien au quotidien « Le Matinal », exposant les inquiétudes de la communauté enseignante.
L’une des principales préoccupations concerne l’annonce du ministre des Enseignements maternel et primaire, Salimane Karimou, concernant le saucissonnage des primes de rentrée. Cette décision, si elle est mise en œuvre, diviserait les primes en plusieurs parties, suscitant l’indignation des enseignants. Noël Chadaré a réagi avec fermeté, appelant les enseignants à se mobiliser en cas d’application de cette mesure contestée. « Si le gouvernement procède autrement, la balle est dans le camp des enseignants qui doivent se mobiliser pour dire non. Nous ne pouvons pas rester tranquilles sous un arbre où nous allons recevoir des fientes. Il faut bouger et les enseignants doivent se mobiliser. La balle est dans leur camp si le gouvernement ne fait pas ce qu’il doit faire », a-t-il déclaré avec détermination.
En plus des préoccupations concernant les primes, la lenteur dans le processus de reversement des Aspirants au métier d’enseignant (Ame) en Agents contractuels de droit public de l’État (Acdpe) suscite également des inquiétudes. Selon les directives gouvernementales, les Ame ayant accompli trois ans de service sur le terrain devraient subir un test en août en vue de leur reversement. Cependant, Noël Chadaré a dénoncé un retard significatif dans ce processus, soulevant ainsi des questions sur le début de l’année scolaire à venir. « Nous avons simplement constaté qu’il y a un retard, qu’il y a une lenteur dans le démarrage du processus de reversement des Ame en Agents contractuels de droit public d’État (Acdpe). Il s’agit des Ame qui ont fait trois ans comme on a convenu », a-t-il regretté.
Face à ces incertitudes croissantes, les enseignants se préparent à une possible mobilisation massive. La communauté enseignante est unie dans sa détermination à défendre ses droits et à assurer des conditions de travail équitables. À l’approche de la rentrée, le sort des élèves est également en jeu, car une crise potentielle pourrait perturber gravement le début de l’année scolaire. La pression monte sur le gouvernement pour répondre aux préoccupations des enseignants, car ces derniers sont prêts à se faire entendre, que ce soit dans les salles de classe ou dans les rues, pour défendre leur cause et assurer un enseignement de qualité pour les générations futures.